Jon Bernthal en Interview par Variety (25.11.17)

Remote Controlled” est un Podcast de Variety mettant en avant le meilleur et le plus brillant de la télévision, à la fois devant et derrière la caméra. Dans l’épisode de cette semaine, le rédacteur en chef Debra Birnbaum et le journaliste Daniel Holloway discutent avec Jon Bernthal, la star de “The Punisher” de Netflix. Jon explique pourquoi il a signé pour le rôle, pourquoi il s’est battu pour Frank Castle et ce qui l’inquiète le plus. Il admet qu’il a résisté à l’idée de jouer le personnage. “Candide, faire partie d’une franchise de super-héros n’était pas quelque chose pour lequel j’avais vraiment une ambition. Ce n’était pas vraiment sur mon radar” explique-t-il. “Beaucoup de gens que j’admire vraiment, des acteurs que je regarde vraiment, ont évité toute cette histoire“. Mais quand le projet a attiré son attention, il a en appris davantage sur “The Punisher” et il était convaincu. “Il n’avait pas de super pouvoirs. Il n’avait pas de masque”, dit-il. “Il était un père et un mari endeuillé qui était sous le choc de cet évènement incroyablement traumatisant. Il avait quelque chose à propos de ça qui m’a effrayé et m’a laissé intrigué“.

Le personnage a d’abord été introduit dans “Daredevil” et l’expérience de travailler sur cette série l’a convaincu qu’il avait pris la bonne décision. “Voyant la liberté et le temps que Charlix Cox a donné, dans le permier épisode, il livre ce monologue. Il a tellement de patience. Vous ne voyez pas grand chose à la télévision et surtout dans ce genre. Il se donne le temps de respirer et vous savez qui est ce gars. Et puis j’ai vu Vincent D’Onofrio faire son truc. C’est un monde dans lequel je veux jouer“. Que le rôle soit aussi un conte d’origine lui a plus et l’a terrifié. “J’essaie toujours de graviter dans des trucs qui me font peur. J’aime ma femme et mes enfants plus que moi-même. Je donnerais volontier ma vie pour eux. Jusqu’à ce que vous compreniez l’amour comme ça, vouis pouvez comprendre ce que ce serait de le perdre. Juste ce noyau d’une idée, ça m’a fait peur“. C’est pourquoi il s’est battu pour Frank Castle, embrassant sa violence. “Je ne suis pas interessé à le rendre sympathique. S’il y avait des allers et retours avec moi, avec les pouvoirs, c’est là que réside le noeud de tout argument. C’est un gars qui vit dans l’obscurité. Il n’essaie pas de gagner la confiance des gens“. Mais il s’inquiète de la réaction des fans des comics, étant donné leur passion pour le personnage, et son expérience à lui sur “The Walking Dead“. “Je suis devenu tourmenté par l’inquiétude des gens à ce sujet. Il y a quelque chose de fort dans le fait de lire les comics. le public doit infuser et remplir les pauses entre les légendes dans leur propre imagination. Il y a un réel sentiment d’appartance. Vous devez honorer ce sentiment de propriété. Tu ne peux pas te tromper“.

Source : Variety (vous pouvez écouter l’interview) / Traduction : Moi

Jon Bernthal : “Il y a un peu de Punisher dans chacun de nous”

 

Marvel’s The Punisher

New York de nuit. Au bord d’un quai, le crâne blanc du Punisher se consume dans les flammes d’un bidon. Frank Castle brûle les restes de ce costume qu’il a endossé pour éliminer les responsables de la mort de sa famille. Qu’est-ce que leur mort lui a apporté? «Rien», reconnait-il dans les premières minutes de «The Punisher», sa propre série qui débute vendredi sur Netflix. C’est un homme plus blessé que jamais que l’on retrouve. Ses ennemis abattus, il passe désormais sa haine, sa colère et son désespoir sur des murs qu’il détruit à longueur de journée en travaillant pour une entreprise de bâtiment. Mais la nuit, quand les bruits de marteau cessent, ce sont les voix des fantômes de sa femme et de ses enfants qui viennent le hanter. «Je suis un père et un mari, ma famille représente plus pour moi que n’importe quoi d’autre. L’idée que quelqu’un me les enlève, comme c’est arrivé à Frank, me paralyse, m’effraie au plus haut point. Et c’est justement parce que ça me faisait peur de jouer ça que j’ai signé pour le rôle», a confié à Paris Match Jon Bernthal. Si Frank Castle avait beaucoup séduit les fans durant la saison 2 de «Daredevil», c’est en grande partie grâce à lui. L’ancien acteur de «The Walking Dead» a su donner une dimension humaine et fragile à ce personnage instable, brutal et assoiffé du sang de ses ennemis. Il s’est réapproprié l’histoire du Punisher comme si le rôle avait été créé pour lui. Et il va avoir du mal à s’en défaire. «Je ressens beaucoup d’empathie pour lui. Il y a un peu de Frank Castle dans chacun de nous. Je le crois vraiment. Si vous aimez quelqu’un plus que vous-même, vous pouvez comprendre ce qu’il ressent».

Mais Frank Castle n’est pas si seul qu’il le croit. De loin, Micro (Ebon Moss-Bachrach) -un ancien analyste de la NSA qui se fait passer pour mort aux yeux de sa famille- le surveille et va replonger le héros dans ses vieux travers en lui apprenant que la mort de sa famille cache une conspiration beaucoup plus grande qu’il ne le pensait. Une salle affaire qui éclabousse des hauts dignitaires du gouvernement et qui plonge dans son passé de soldat. La saison s’intéresse de près aux vétérans, à ces hommes qui ont parfois été témoins ou contraints d’accomplir les pires atrocités et qui, une fois rentrés chez eux, sont trop traumatisés pour retrouver une vie normale. Délaissés par le pays qu’ils ont servi, ils deviennent des bombes à retardement. «J’ai rencontré et beaucoup parlé avec des vétérans tout au long de ma carrière, notamment à des anciens soldats de la Seconde guerre mondiale, du Vietnam ou d’Afghanistan. J’ai un profond respect pour eux, poursuit l’acteur. Ils m’ont aidé à construire un mental de soldat et à comprendre la dureté de leur métier. Deux soldats ne sont pas semblables, on ne voulait pas généraliser dans la série et faire trop de raccourcis sur la vie de ces gars».

«The Punisher» s’invite à un autre débat de société brûlant aux Etats-Unis : celui des armes à feu. Parfois malgré lui. La présentation de la série a été annulée à la Comic-Con de New York il y a quelques semaines après la tuerie de Las Vegas qui a coûté la vie à 58 personnes. Frank Castle n’a pas de super-pouvoirs, il utilise un arsenal pour se faire justice lui-même. Le créateur de la série Steve Lightfoot a souhaité alimenter le débat en montrant les différents points de vue sur la question à travers plusieurs personnages. «Je ne voulais pas que la série soit moralisatrice et pointe du doigt des gens en leur disant : “Voilà ce que vous devez penser des armes”. Nous voulions que les personnages participent au débat. Au spectateur de se faire son propre avis. Les séries sont là pour questionner les gens, pas pour leur donner des réponses», a-t-il dit à Paris Match.

«The Punisher» est sans conteste la série la plus sombre de l’écurie Netflix/Marvel. Les balles et les coups pleuvent, le sang coule à flot, mais cette violence n’est jamais gratuite, affirme Steve Lightfoot. «Personnellement je n’aime pas les scènes où l’on voit un personnage se faire frapper au visage et en ressortir sans marque. “The Punisher” est violente mais je pense que l’on y voit que la violence a un coût. Aucune scène n’est violente juste pour l’être», assure-t-il. Quand on demande si la brutalité doit avoir une limite à l’écran, Jon Bernthal répond par la négative. «Si les gens considèrent que nous sommes brutaux, ils peuvent regarder ailleurs ou arrêter la série. Frank Castle est un personnage sombre qui évolue dans un monde sombre. La violence lui permet de lâcher prise, il la recherche. Il se questionne constamment, doute de lui et se déteste. Si le public ressent ça aussi pour lui, c’est parfait. Nous n’avons pas essayé de le transformer en super-héros». Mais en homme d’une grande humanité, étonnamment attachant et non dénué d’humour. On le découvre grâce aux flashbacks et aux relations qu’il va nouer avec de nouveaux personnages qui valent le détour, Micro en tête. La relation orageuse qui unit les deux hommes est l’une des plus réussies de la saison. Frank se retrouve souvent en dehors de sa zone de confort dans les épisodes. Il y a eu des scènes où je me disais : “Mais qu’est ce que je fais?” Et c’est exactement ce que Frank ressent, ajoute Jon Bernthal. C’est un homme qui a bâti un mur autour de lui. Et il ne veut pas briser ce mur et s’ouvrir aux gens. Mais c’est impossible parce qu’il reste humain. Au fil des épisodes, on va voir des fêlures apparaître sur ce mur, notamment quand il est avec Micro. Il ne peut pas s’empêcher de tenir aux gens».

Le retour de Karen Page (Deborah Ann Woll), avec qui Frank Castle avait noué des liens dans la saison 2 de «Daredevil» va aussi confronter le Punisher à des sentiments qu’il avait mis de côté depuis longtemps. Pour Steve Lightfoot, ces moments font partie du parcours du personnage pour tenter de «retrouver son humanité». «Cette saison est en quelque chose un voyage pour atténuer sa culpabilité. Ceux qui ont commandité le meurtre de sa famille sont les principaux responsables, mais il a en quelque sorte joué sa part avec ses actions passées. Un fois qu’il l’admettra, il pourra commencer à avancer».

Source : Paris Match

“Sweet Virginia” est sorti Vendredi 17 Novembre 2017

C’est Vendredi dernier, tout comme la série “The Punisher” que la nouveau film de Jon, “Sweet Virginia” a été diffusé dans certaines salles de cinéma. Il ne sortira malheureusement pas partout, et toujours pas de date française. Je reste à l’écoute pour pouvoir vous donner plus d’informations à ce sujet. En tout cas, Jon a l’air époustoufflant ! Je vous donne, en attendant, les posters, les stills, ainsi que la Bande-Annonce ! Jon y tient le rôle de Sam, un ancien champion de rodéo. Ce thriller est réalisé par Jamie M. Dagg, et le casting comprend également  Christopher Abbott et Imogen Poots. Vous pouvez également retrouver les photos BTS dans la galerie ICI.

L’Histoire : Dans un petit village perdu au milieu de l’Alaska, un criminel s’introduit dans un bar dans lequel trois habitués jouent au poker. Il descend tout le monde et s’enfuit avec un maigre butin. Dans sa fuite, il va rencontrer un ancien champion de rodéo.

La série “Marvel’s The Punisher” est enfin disponible sur Netflix !

En effet, c’est depuis Vendredi 17 Novembre que la série tant attendue The Punisher est disponible ! Qui regarde ? Qui compte regarder ? Qu’en pensez-vous ? Pour ma part, je suis actuellement en train de terminer la Saison, et c’est juste énorme ! Jon est incroyable ! Une fois que j’aurais fini la série, je vous ferai ma petite chronique dessus afin de vous donner mon avis. En attendant, je vous laisse avec la Bande-Annonce, ainsi que les affiches.


 

 

“Hot Toys” fabrique une figurine du “Punisher” à l’image de Jon Bernthal

Pour le moment assez rares, les produits dérivés et autres Toys tirés de l’univers Marvel de Netflix sont amenés à se multiplier, comme nous le rappelle une nouvelle fois Hot Toys avec un Punisher du plus bel effet. Modélisé d’après les traits du génial Jon Bernthal, la dernière figurine en date du fabricant originaire de Hong Kong s’avère assez réussie, et comme toujours, viendra accompagnée de dizaines d’accessoires. Dont un fusil à lunette des familles et le Minigun que le personnage n’utilisait finalement pas dans Daredevil saison 2 ! Sortie prévue entre la fin d’année 2017 et début 2018, pour 200 et quelques euros. N’achète pas Jon Bernthal qui veut !

Source : http://www.comicsblog.fr

Le tournage de “Marvel’s Punisher” a commencé ! (03 Octobre 2016)

Punisher est apparu dans le Marvel Cinematic Universe pour la première fois dans la deuxième saison de la série Daredevil. Tout d’abord ennemi du héros de cette série, Franck Castle, alias The Punisher, joué par Jon Bernthal, finit par changer d’avis. Le personnage et le jeu de l’acteur ont été tellement appréciés des producteurs et du public qu’il a été décidé de lui dédier l’une des prochaines séries de Netflix. La première saison du Punisher fera donc immédiatement suite à la deuxième saison de Daredevil. Et ce sera l’occasion d’en apprendre davantage sur Franck Castle et son passé torturé. Des rumeurs circulent également comme quoi le Punisher devrait faire une apparition dans les séries The Defenders et Iron Fist. Nous verrons bien ! En tout cas, le tournage a commencé le 3 Octobre dernier à Brooklyn ! Tellement hâte !

Source : JustJared.Com / RadioDisneyClub.Fr

 

Joel Edgerton opposé à Jon Bernthal dans le thriller “Stingray”

Joel Edgerton opposé à Jon Bernthal dans le thriller “Stingray”

Acclamé par la critique pour son rôle dans “Loving“, le drame de Jeff Nichols, Joel Edgerton partagera la vedette du thriller “Stingray” avec Jon Bernthal, aperçu dans “Daredevil” et “Sicario“, d’après The Hollywood Reporter. Le long métrage raconte l’histoire d’un homme (Jon Bernthal) qui après avoir accidentellement tué le frère d’une grande figure de la criminalité (Joel Edgerton) va devoir assassiner l’un des membres de sa propre famille dans les deux jours qui suivent, afin de payer sa “dette de sang”. Le scénario et la réalisation ont été confiés à Anthony Hayes (“Une vie entre deux océans“, “Animal Kingdom“).

Source : LaDépeche.fr

Daredevil – Jon Bernthal : “Le Punisher est un personnage plein de rage et de haine”

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“Le Punisher est un personnage plein de rage et de haine” – Jon Bernthal

Metronews est allé à la rencontre de Jon Bernthal, qui incarne le terrible Punisher. Un assassin en mission qui va croiser la route du héros de la série inspirée des comics Marvel. Soit un rôle en or pour celui qui incarnait Shane, dans les deux premières saisons de The Walking Dead.

Que connaissiez-vous du Punisher avant d’accepter le rôle ?

“Pas grand chose ! Mais dès que j’ai accepté le rôle, je me suis beaucoup investi et lu tous les comics. Et je suis vraiment tombé amoureux de ce personnage. J’avoue que c’est compliqué d’assumer un tel personnage tant il est plein de rage et de haine. Il a fallu vraiment que je me prépare pour l’incarner, atteindre un certain état « mental » pour faire ce que j’avais à faire.”

Qu’avez vous aimé dans la série avant de la rejoindre ?

“Dans le 1er épisode de la saison 1, Charlie (Cox, ndlr) a un monologue qui m’a marqué. J’ai été impressionné par la performance et par la liberté qui lui avait été donnée. C’est une série de très grande qualité parce que l’humain passe avant tout le reste. Quand j’ai vu ce qu’avait fait Vincent D’Onofrio avec le personnage de Wilson Fisk, je me suis dit ‘Je veux un rôle dans cette série’ !”

Le Punisher, ami ou ennemi ?

“Ni l’un ni l’autre, c’est un homme en mission qui vit un cauchemar, et ce qui en fait un homme dangereux c’est qu’il n’est plus préoccupé par la moralité, par le bien et le mal. Il n’est pas là pour aider la communauté de Hell’s Kitchen, mais pour la débarrasser de ses criminels, afin de se venger de l’assassinat de sa famille. Il veut les tuer de la manière la plus brutale possible. Et s’oppose à quiconque se met en travers de son chemin. Mais c’est un être humain avant tout, en perpétuel conflit avec lui-même.”

Qu’est ce que sa rencontre avec Daredevil change pour lui ?

“La relation qui se crée et évolue entre Daredevil et le Punisher affecte les deux personnages. Au départ ce sont des adversaires, mais une profonde admiration et un grand respect s’installe.”

Avez-vous senti de la pression en arrivant sur une série dont la première saison a cartonné ?

“Oui parce que j’arrive sur quelque chose qui fonctionne, où tout le monde se connaît, et tout ce que je peux faire… c’est tout gâcher (rire). J’ai beaucoup de responsabilité envers ce personnage, parce qu’il est aimé de tant de fans ! Vous savez, de nombreux soldats américains ont combattu pour notre pays avec l’emblème du Punisher sur leur uniforme, et c’est quelque chose que je prends très au sérieux.”

(Source @MetroNews)

Jon Bernthal : “Le métier d’acteur m’a sauvé la vie”

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“Le métier d’acteur m’a sauvé la vie” – Jon Bernthal

L’acteur, éternel second couteau du cinéma, crève l’écran dans la peau du Punisher, nouvel adversaire de Daredevil dans la Saison 2 de la série Netflix.

Dans la vie, Jon Bernthal n’a rien du personnage terrifiant qu’il incarne dans Daredevil. L’acteur, originaire de Washington, est même plutôt tout le contraire avec son look de mannequin propre sur lui et sa barbe taillée au millimètre. Abonné aux seconds rôles au cinéma, l’homme de 39 ans crève enfin l’écran dans la série Marvel-Netflix. C’est mérité. Il s’est infligé les pires épreuves, quitte à se couper de ses proches pendant plusieurs mois, pour incarner l’ex-militaire obsédé par la vengeance après le meurtre de sa famille par des gangs new-yorkais. Ses sacrifices ont payé. Jon Bernthal surclasse les précédents interprètes du Punisher (Dolph Lundgren en 1987, Thomas Jane en 2004 et Ray Stevenson en 2008). Il rend ses lettres de noblesse au personnage très populaire des comics apparu pour la première fois dans les pages de la saga Amazing Spider Man dans les années 70. Découvert par le grand public dans The Walking Dead où il incarnait le traître Shane Walsh, Bernthal semble spécialisé dans les personnages borderline « cocottes-minute » contaminés par la violence. Un péché qui a visiblement marqué la jeunesse de cet homme de 39 ans affable, mais un brin sur la défensive, prudent, voire taiseux, et embrassant son métier avec une ferveur désarmante. Téméraire, on a prudemment tenté de percer l’armure du Punisher en vingt minutes chrono. Finalement, Jon Bernthal cause de sa préparation radicale au rôle, son passé trouble, la vision de son métier, et finit même par disserter sur La Mouette de Tchekhov. Dites donc… cultivé, ce Punisher !

Le Point Pop : Pour ce rôle, vous avez confié être allé « le plus loin possible » dans l’exploration de votre part d’ombre. C’est-à-dire ?

Jon Bernthal : Je pense que je n’aurais jamais pu jouer ce rôle sans être moi-même mari et père de famille. C’est la clé. J’ai donc imaginé ce qu’on ressent lorsque quelqu’un nous enlève des êtres auxquels on tient plus qu’à soi-même. Quelques semaines avant le début, puis pendant une partie du tournage de la saison 2, je me suis isolé du reste de l’équipe et coupé de toute vie sociale. Ni restaurants, ni bars, ni télévision, ni téléphone, sans voir ma famille, juste pour m’aider à approcher le plus possible la douleur et l’obscurité du personnage avant d’arriver sur le plateau. Passer le plus de temps possible avec elles. J’ai vécu ainsi le temps de tourner certaines scènes pour lesquelles je jugeais capital de rester dans cet état d’esprit, puis je me suis ensuite autorisé à revenir peu à peu à la normale. Mais je n’ai pas vu ma famille de juillet à novembre. Ce fut long.

Outre cette phase d’isolation, comment vous êtes-vous transformé en Punisher ?

J’ai absolument tout lu sur le personnage. J’ai écumé toutes les boutiques de comics de New York et acheté toutes les copies possibles avec le Punisher. J’ai notamment adoré la série Punisher Max par Garth Ennis, mais tout ce qui concerne le personnage me fascine. Il souffre d’un trauma personnel immense qui le pousse à traquer sans pitié les responsables de la mort de sa famille et à les tuer le plus brutalement possible. C’est un ancien soldat, déjà marqué par la mort de ses amis sur le front. À son retour, la perte de sa famille le transforme en serial killer. Mais est-il vraiment en train de venger ses proches ou tue-t-il juste parce que c’est sa nature révélée, comme une addiction ?

Avez-vous suivi une formation physique particulière ?

J’ai été un ancien boxeur et, au lycée, je me destinais à une carrière de joueur de baseball, mais ce fut physiquement le rôle le plus difficile que j’ai jamais eu.  Les scènes de combat sont très ambitieuses, elles sont à l’écran parfois aussi longues et sophistiquées que dans un film, tout en restant préparées dans un planning de série TV, donc c’est très dur. Il faut faire vite et on se blesse, j’ai fini la saison le corps recouvert de bleus et de contusions. Heureusement, notre coordinateur des cascades, Phil Silvera, est le meilleur dans sa catégorie. La façon de se battre du Punisher est aussi dictée par l’évolution du personnage. On ne se bat pas de la même façon selon qu’on veut juste mettre KO son adversaire ou le tuer et, comme vous allez le voir au fil des épisodes, le style de combat de Frank devient de plus en plus brutal, létal. Une indication sur l’évolution toujours plus sombre du personnage.

Avez-vous dû passer une audition pour décrocher le rôle ?

Oui, on m’a demandé d’envoyer une vidéo. Je l’ai fait alors que je tournais un film en Irlande avec Tom Holland. Ce qui est marrant, c’est qu’au même moment où j’étais auditionné pour le Punisher Tom l’était pour devenir le nouveau Spider-Man de Marvel. On s’est donné la réplique mutuellement pour nos essais.

Le Punisher a été créé au début des années 70, mais il reste très actuel, en particulier au regard du débat sur le contrôle des armes aux États-Unis…

Je pense que toute bonne histoire est intemporelle. Celle du Punisher aborde le cas d’un père à qui l’on a tout pris, mais aussi les difficultés de réinsertion des soldats revenus du front… Sur le problème que vous mentionnez, je dirai juste que, quand l’art soulève des questions chez le public, tant mieux, on a fait notre boulot. Je ne pense pas, en revanche, qu’on soit là pour répondre à ces questions, ou pour délivrer un message politique, quel qu’il soit.

Vous n’avez rien d’un enfant de la balle : qu’est-ce qui vous a attiré dans la comédie ?

Effectivement, mon père était avocat, je viens d’un monde très différent… Mais j’adorais le cinéma, surtout les films de Scorsese et ceux de De Niro. J’ai fait pas mal de bêtises dans ma jeunesse, mais je me suis inscrit à un cours de théâtre au lycée et ma première prof de comédie a tout changé. C’est elle qui m’a convaincu d’aller m’inscrire au Théâtre d’art de Moscou, où j’ai passé deux ans. Cette décision a sauvé ma vie : j’ai appris là-bas à devenir un homme et un artiste. Être acteur m’a appris à canaliser l’énergie qui jusqu’ici m’avait attiré beaucoup d’embrouilles, ça m’a empêché d’emprunter une très mauvaise route vers laquelle je me destinais. Je me sens désormais vraiment béni et reconnaissant, je me suis débarrassé de tout le gras dans ma vie et, tout ce qui compte, c’est mon travail et ma famille. Mon ex-prof de théâtre a, depuis, été mon témoin de mariage.

De quel gras parlez-vous, au juste ? Étiez-vous délinquant, avez-vous fréquenté des gangs ?

J’ai connu des problèmes, juste des problèmes… On me reproche parfois de prendre les choses trop sérieusement ou d’aller trop loin pour un rôle. Je suis comme ça parce que, justement, j’estime que lorsqu’on est assez chanceux d’avoir croisé un métier qui vous sauve de la sorte, comme ce fut mon cas, on s’y dévoue avec tout le respect qu’on lui doit… Et je lui dois beaucoup !

Votre CV d’acteur remonte au début des années 2000. Est-ce vraiment le rôle de Shane dans The Walking Dead qui a tout déclenché pour vous ?

On peut le dire. Frank Darabont est l’un des plus grands conteurs d’histoires et la trajectoire de Shane était parfaite : en deux saisons, voilà un gars qui démarre comme l’ami fidèle de Rick Grimes, puis perd peu à peu la tête, couche avec la femme de son meilleur ami avant d’essayer de le tuer… Ce fut un crève-coeur pour moi de quitter The Walking Dead,mais elle m’a tout apporté et m’a permis d’enchaîner avec de belles expériences. Aucun d’entre nous n’aurait pu imaginer un tel phénomène.

Toutes les portes s’ouvrent pour vous depuis The Walking Dead ?

(Rires) Non ! J’ai toujours l’impression de me battre, et c’est très bien comme ça, je ne veux pas que ce métier devienne facile, que les choses me soient offertes sur un plateau, je veux me battre, je veux auditionner : ce job ne devrait jamais être facile ; sinon, c’est une plaisanterie. Savez-vous quelle est la pièce emblématique du Théâtre d’art de Moscou ? La Mouette de Tchekhov. Le sujet de cette oeuvre est la relation qu’on entretient avec ses rêves. La mouette est comme le rêve après lequel on court, libre et sauvage, et qu’on ne peut jamais toucher… La seule façon de l’approcher serait de tirer dessus et de la tuer. La seule façon d’avoir une relation saine à ses rêves, je pense, est de les laisser un peu devant soi, les chasser tout en les laissant libres, sans forcément les réaliser. La poursuite de ses rêves doit toujours être un combat, la facilité ne m’intéresse pas.

De The Walking Dead à Daredevil en passant par Fury, vous incarnez toujours des personnages hantés par la violence. Savez-vous pourquoi ?

Il faudrait demander cela aux directeurs de casting ! Chacun a sa propre relation à la violence, j’ai la mienne. Je pense qu’il est important de ne pas ignorer cette violence, il faut la regarder dans les yeux pour mieux la connaître. Je m’efforce juste de rendre chacun de ces personnages aussi différent que possible.

Marvel a récemment démenti les rumeurs d’une série spin-off sur le Punisher… Pas trop déçu ?

(Etonné…) Vous êtes sûr ? Ils ont vraiment dit ça ? Écoutez, je pense qu’ils sont surtout concentrés prioritairement sur le lancement de la saison 2 de Daredevil et la suite. Tout ce que je suis autorisé à dire, c’est qu’en ce qui me concerne j’adorerais que le Punisher ait sa propre série…

(Source @LePointFr)